Ethan Oliel, Molière de la révélation masculine en 2024 interprète sur la scène du Théâtre de La Scala Paris, Le Garçon nuage, un seul en scène qu’il a écrit, mis en scène par Charly Coïc. Indéniablement un des plus talentueux comédien de sa génération, Ethan Oliel est aussi un poète à la plume enchanteresse et à l’alexandrin bouleversant.

Si pour échapper à un environnement oppressant, anxiogène et déstabilisant il suffisait de grimper sur un nuage et d’observer d’en haut tous les tracas qui ne nous touchent plus. Si pour se protéger d’une réalité trop violente nous trouvions refuge dans notre imagination. C’est dans ce cocon préservé que ce personnage sensible et à fleur de peau décide de se replier. Une bulle de bienveillance, loin du tumulte assourdissant d’un quotidien, qui nous rappelle âprement le chaos actuel. Jusqu’au jour où l’amour passe, le saisit et le fait renouer avec tous les possibles… Obligé de redescendre de son nuage il traversera toute une palette d’émotions complexes, qu’il tentera de maitriser et d’accepter.

Ayant pour seule compagnie quelques marches d’escalier Ethan Oliel embarque le spectateur dans le tourbillon de son histoire. Le public est surtout saisi par la beauté de la langue. Une écriture fine et poétique. Une sorte de manifeste intelligent des émotions et des états d’âme qui pique en plein cœur. Le temps se délite et la réalité s’évapore, pour laisser place à ce comédien exalté qui nous livre son âme. Son interprétation est ciselée. Il arpente tous les registres avec la même précision donnant du relief à un plateau vide, qui peu à peu s’habille de toute sa générosité. La mise en scène de Charly Coïc contribue à une cadence rythmée et parfaitement maîtrisée. Ethan Oliel fait vibrer avec humour et fougue toutes les voix qui l’habitent. Il submerge le public conquis de son énergie ravageuse et lui offre un moment rare.
